Dégustation automnale
Lorsque j’ouvre ma fenêtre de ma pièce de vie, je suis face à un conifère. Il me manque deux bons mètres pour atteindre la branche la plus proche. Au premier étage où est situé mon appartement, le sapin partage le panorama. À gauche, j’entrevois, derrière les branches, une partie du quartier de Sainte-Radegonde, ses habitations et son clocher. À droite, la vue est dégagée pour apprécier les jardins de mes voisins. À gauche, une urbanisation désagréable. À droite, un coin de verdure admirable.
Les espaces verts des particuliers sont bien entretenus. L’herbe humide commence à être tapissée des premières feuilles mortes. L’automne est un paradoxe : le temps d’ensoleillement se réduit et les arbres encore feuillus expriment des tons chauds. Près de moi, un hêtre d’Europe aux feuilles fauves et au loin d’autres jaune paille ou vert havane offrent une transition éclatante avant la période hivernale. Dans quelques semaines, les branches seront dégarnies. Les feuilles et leurs couleurs se décomposeront en humus. Il ne restera que le vert des conifères.
Je profite de ces derniers instants pour déguster et humer l’arôme d’un vin rouge dont la couleur se marie volontiers au décor. Au fond, sur une butte enherbée, des arbres dissimulent l’autoroute qui traverse Tours. Mais rien n’atténue le bourdonnement incessant des véhicules. Peu importe, cela ne gâche pas la photographie de ce paysage automnal.