Les écorcheurs de chevreuils
L’odeur de sang est écœurante. Alain plante son couteau dans la panse encore chaude de l’animal suspendu à des crocs de boucher. Une mixture verte se déverse alors sur le sol couvert de paille. L’odeur plutôt désagréable n’est pas descriptible et l’homme n’hésite pas à plonger ses doigts ensanglantés pour récupérer les abats. Plus d’un aurait déguerpi à la vue des boyaux pendants hors de la panse.
Pour leur dernière battue, les chasseurs de S.... ne sont pas revenus bredouille : deux chevreuils pesant respectivement 21 et 23 kilos. Les proies inertes à la robe noisette sont dépecées dans une grange. La peau est d’abord écorchée à partir des pattes arrière. « C’est comme pour le lapin », explique Alain tout en tirant progressivement la dépouille vers le bas de l’un des cervidés. Les mains maculées de sang, l’écorcheur peine au niveau de la tête et tente de l’arracher en vain. Il devra attendre qu’on lui apporte une scie.
Une fois les organes internes vidés et triés, l’animal est dépecé par la moitié. Ensuite, la viande et les abats sont nettoyés à l’eau. La tête et les pattes des chevreuils seront empaillées puis exposées dans le local du père Joseph aux côtés des autres trophées de chasse.